Un baume pour les mains maison en trois ingrédients, pas à pas
Trois ingrédients, une casserole d'eau chaude et vingt minutes : il n'en faut pas plus pour couler un petit pot de baume pour les mains. À condition de travailler propre, en petite quantité, et de garder la recette aussi simple que possible.
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Quand les premiers froids arrivent, les mains sont les premières à le dire : les doigts tirent après la vaisselle, la peau des jointures devient rêche, on cherche un pot de crème au fond de chaque sac. Fabriquer son propre baume est une manière agréable de répondre à ce petit inconfort de saison. La recette tient en trois ingrédients et la préparation ressemble davantage à de la cuisine qu'à de la chimie. Elle demande en revanche de la rigueur sur un point : la propreté.
Les trois ingrédients et leur rôle
Un baume, contrairement à une crème, ne contient pas d'eau. C'est un mélange de corps gras, solides et liquides, qui fige en refroidissant. Cette absence d'eau le rend plus simple à fabriquer chez soi, mais pas éternel pour autant.
- La cire donne la tenue. La cire d'abeille est la plus courante, avec une légère odeur de miel. Pour une version sans produit animal, la cire de candelilla ou la cire de carnauba la remplacent ; elles sont plus dures, on en met donc moins.
- Le beurre de karité apporte l'onctuosité, cette texture fondante qui glisse sous les doigts. Choisissez-le brut ou raffiné selon que vous aimez ou non son odeur un peu fumée.
- L'huile végétale assouplit l'ensemble. L'huile d'amande douce est un grand classique, l'huile de tournesol fonctionne très bien et coûte peu, l'huile de noyau d'abricot donne un toucher plus sec. Préférez une huile de première pression à froid, récente, que vous avez sentie avant usage : une huile rance donnera un baume rance.
La recette pour environ 50 g
Ces quantités remplissent un pot de 50 ml, de quoi tenir plusieurs semaines à raison de deux ou trois applications par jour.
- 7 g de cire d'abeille en pastilles (ou 4 g de cire de candelilla) ;
- 18 g de beurre de karité ;
- 25 g d'huile végétale.
Une balance de cuisine au gramme près suffit.
Les ustensiles
- une casserole et un petit bol en verre ou en inox qui tient au-dessus sans toucher le fond ;
- une maryse ou une petite spatule en inox ;
- un pot de 50 ml en verre ou en aluminium, avec couvercle ;
- une étiquette et un stylo.
Réservez si possible ce matériel à la cosmétique maison, ou au minimum lavez-le à l'eau très chaude et au liquide vaisselle avant de commencer.
Le pas à pas
- Désinfectez le plan de travail, le bol, la spatule, le pot et son couvercle avec un essuie-tout imbibé d'alcool à 70° ou 90°. Laissez sécher à l'air libre quelques minutes. Lavez-vous les mains et attachez vos cheveux.
- Pesez la cire et le beurre de karité directement dans le bol.
- Faites fondre au bain-marie, eau frémissante et non bouillante, en remuant doucement. La cire est la plus longue à fondre ; comptez cinq à huit minutes.
- Ajoutez l'huile hors du feu dès que tout est liquide. Mélangez une trentaine de secondes. Le mélange peut se troubler un instant, c'est normal.
- Coulez aussitôt dans le pot. Laissez figer à température ambiante, sans couvercle mais protégé de la poussière par un essuie-tout posé dessus. Comptez une à deux heures.
- Fermez et étiquetez : nom, ingrédients, date de fabrication.
Petit conseil de texture : laisser figer le baume au réfrigérateur pendant vingt minutes évite parfois au karité de former de petits grains en refroidissant trop lentement.
Hygiène et conservation : la partie qui compte vraiment
Un produit fait maison ne contient pas de conservateur. Il faut donc compenser par la prudence.
- Travaillez en petites quantités. Mieux vaut refaire un pot de 50 g tous les deux mois que fabriquer 300 g d'un coup.
- Ne mettez jamais d'eau, ni d'hydrolat, ni de gel d'aloe dans cette recette : la moindre phase aqueuse sans conservateur adapté ouvre la porte aux moisissures.
- Prélevez avec une petite spatule plutôt qu'avec les doigts, surtout si le pot est partagé.
- Rangez le pot à l'abri de la chaleur et de la lumière, pas sur le rebord d'une fenêtre ensoleillée.
- Comptez une durée de conservation courte : deux à trois mois, en restant attentif.
- Jetez sans hésiter au moindre changement d'odeur (rance, aigre, « vieux beurre »), de couleur ou d'aspect.
La date sur l'étiquette n'est pas une coquetterie : c'est elle qui vous évitera de vous demander, en février, si ce pot date de cet hiver ou du précédent.
Varier les textures
La proportion de cire décide presque de tout.
- Plus ferme, façon stick : passez à 9 ou 10 g de cire et réduisez d'autant l'huile. Coulé dans un tube vide, il se glisse dans une poche de manteau.
- Plus souple, façon pommade : descendez à 5 g de cire et montez à 27 g d'huile.
- Plus fondant : remplacez une partie du karité par du beurre de cacao (désodorisé si vous ne voulez pas d'odeur de chocolat), qui donne un baume plus dur au pot et plus fondant au contact de la peau.
- Toucher moins gras : utilisez une huile plus légère et appliquez une noisette, pas davantage, sur des mains sèches, en massant le dos des mains et le tour des ongles.
Avant d'adopter son baume
Même avec des ingrédients simples, une réaction de la peau reste possible. Faites un test sur une petite zone, l'intérieur du poignet par exemple, et attendez 24 à 48 heures avant d'en mettre largement. Les personnes allergiques aux produits de la ruche éviteront évidemment la cire d'abeille. En cas de peau abîmée, de démangeaisons persistantes, pour un enfant ou pendant une grossesse, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Une question revient souvent : faut-il ajouter quelques gouttes d'huile essentielle pour parfumer ? Le plus simple est de s'en passer. Les huiles essentielles sont des produits très concentrés, avec des précautions d'emploi propres à chacune (photosensibilité de certains agrumes, contre-indications chez la femme enceinte et l'enfant, risques d'irritation). Si l'envie d'un parfum se fait sentir, renseignez-vous auprès d'un professionnel de santé avant toute chose. Un karité brut ou une cire d'abeille parfumée donnent déjà au baume une odeur douce et naturelle.
Petits pots à offrir
Coulé dans de jolis contenants, ce baume devient un cadeau de fin d'année charmant. Les petites boîtes rondes en aluminium de 15 ou 30 ml, avec couvercle à vis, se glissent partout. Les pots en verre ambré protègent mieux de la lumière. Pour un ensemble plus généreux, associez un pot de baume à un bocal de tisane, comme ceux décrits dans notre guide pour composer ses propres mélanges, le tout dans un torchon noué.
Sur l'étiquette du cadeau, indiquez toujours la liste des ingrédients, la date de fabrication et une date limite raisonnable, ainsi qu'une petite mention : « à utiliser dans les trois mois ». Pensez aussi à la personne qui reçoit : quelqu'un d'allergique à la cire d'abeille appréciera une version à la candelilla.
Le geste du soir
Un baume maison n'a rien de spectaculaire, et c'est tout son charme. On l'applique le soir, mains propres et sèches, une fois la cuisine rangée, quand la vaisselle est faite et le ménage du jour terminé. Un instant de douceur pour des mains moins tiraillées au réveil, une odeur discrète de miel, et la satisfaction de savoir exactement ce qu'il y a dans le pot. Ce petit moment s'accorde volontiers avec la fin de journée, celle où l'on cherche justement à décrocher du travail.


